Habitudes alimentaires des enfants : changements lors du passage en secondaire

Le passage de l’école primaire au secondaire est une période de transition clé, au cours de laquelle les élèves font face à de nombreux changements au niveau scolaire :

  • une nouvelle école généralement de plus grande taille,
  • de nouveaux camarades de classe,
  • de nouvelles matières et de nouveaux professeurs, en plus grand nombre, avec lesquels des relations différentes sont entretenues,
  • des attentes plus exigeantes en matière d’organisation personnelle…

Ces changements coïncident avec d’autres modifications d’ordre physique, psychologique, émotionnel et relationnel, en lien avec l’adolescence. Ces multiples défis auxquels les jeunes font face peuvent être associés à des changements dans leurs comportements en matière de santé, notamment en ce qui concerne l’alimentation.

La consommation quotidienne de fruits et du petit-déjeuner mise à mal

Les données de l’enquête « Health Behaviour in School-aged Children » (HBSC), menée en 2014 en Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB), ont permis d’identifier les habitudes alimentaires subissant un changement significatif entre la fin de l’école primaire (5e et 6e primaires) et le début de l’école secondaire (1e et 2e secondaires) [1].

Certaines habitudes alimentaires ont tendance à se détériorer lors du passage à l’école secondaire. Ainsi, les élèves de début de secondaire étaient proportionnellement moins nombreux que ceux de fin de primaire à manger quotidiennement des fruits (47,4 % en 1e-2e secondaire versus 57,2 % en 5e-6e primaire) et à prendre quotidiennement un petit-déjeuner en semaine (55,2 % versus 67,8 %), deux habitudes alimentaires considérées scientifiquement comme étant favorables à la santé.

D’autres habitudes, défavorables à la santé quant à elles, s’avèrent plus fréquentes en début de secondaire qu’en fin de primaire, notamment la consommation quotidienne de boissons sucrées (40,0 % versus 31,8 %) et de boissons énergisantes (8,0 % versus 5,9 %).

En revanche, la fréquence de certains comportements alimentaires comme la consommation quotidienne de légumes, et celle de chips et frites, reste stable entre la fin de l’école primaire et le début de l’école secondaire.


Figure 1 - Proportions d’élèves consommant quotidiennement des fruits, un petit-déjeuner (en semaine), des boissons sucrées et énergisantes, des légumes et des chips/frites, en fin de primaire (5e-6e primaire) et en début de secondaire (1e-2e secondaire).

Des choix alimentaires déterminés par des facteurs individuels et collectifs


  • Cette tendance à la détérioration des habitudes alimentaires lors de la transition vers l’école secondaire peut s’expliquer par des facteurs propres à l’adolescent, à son autonomisation, à sa prise de distance vis-à-vis de ses parents, et à ses relations avec ses pairs.
  • Des facteurs contextuels, tels que la présence de distributeurs dans les écoles secondaires et la possibilité de sortir pendant le temps de midi peuvent également entrer en ligne de compte.


Ces résultats soulignent l’importance de continuer et de renforcer le développement d’actions visant à promouvoir des habitudes alimentaires favorables à la santé après l’école primaire, dès la 1e secondaire.

L’implication des responsables scolaires, des équipes éducatives, des acteurs de la Promotion de la Santé à l’Ecole, du personnel des cantines scolaires, mais également des parents, est donc essentielle.


Article rédigé par
Thérésa Lebacq,
chercheuse à l’Université libre de Bruxelles - Ecole de Santé Publique
Service d’Information Promotion Education Santé (SIPES)