Les adolescents sont-ils tous égaux dans leur consommation de fruits et légumes ?

Une alimentation faisant la part belle aux légumes et aux fruits participe à maintenir une bonne santé et prévient à l’âge adulte l’obésité, les maladies cardiovasculaires et certains cancers. Bien que ce bénéfice semble connu de la plupart, tout le monde consomme-t-il pour autant suffisamment de fruits et légumes ? En particulier, quels sont les facteurs socioculturels associés à leur consommation ? Et qu’en est-il des adolescents, période à laquelle s’acquièrent certains comportements de santé qui pourront perdurer ?

La denière enquête nationale de consommation alimentaire date de 2014. Sciensano a ainsi receuillit les données de consommation alimentaire d’environ 3000 personnes tirés au sort parmi la population belge et ayant accepté de participer.

L’objectif ? Obtenir une photographie de l’alimentation habituelle de la population vivant en Belgique. Tous les aliments et boissons consommés durant deux jours non-consécutifs ont été listés et quantifiés. Des informations sur les conditions de vie ont aussi été recueillies.


Il en ressort que :

  • presque tous les adolescents (98%), âgés de 10 à 17 ans, ont consommé des fruits ou des légumes au moins 1 fois lors des deux jours d’enquête.
  • en termes de quantité, ils en consomment en moyenne 194 grammes par jour. Soit respectivement 111 grammes de légumes et 83 grammes de fruits.

Une consommation quotidienne qui se trouve bien en dessous des 400 grammes recommandés par l’Organisation Mondiale de la Santé et qui aiderait à prévenir les principales maladies non transmissibles telles que les maladies cardiovasculaires et certains cancers.

Selon l’OMS le fait de manger des fruits et légumes variés permet clairement de consommer en quantité appropriée la plupart des micronutriments, des fibres alimentaires et diverses substances non nutritives essentielles. De même, une plus grande consommation de fruits et légumes peut contribuer à remplacer les aliments riches en graisses saturées, en sucre ou en sel.

La charge de morbidité mondiale imputable à la faible consommation de fruits et légumes se répartit entre les maladies cardio-vasculaires pour près de 85%, et les cancers pour 15%. (OMS)

Quels facteurs influencent la consommation des fruits et légumes ?

En fonction de leur statut socioéconomique ou de certaines caractéristiques culturelles, les adolescents consomment des quantités variables de fruits et légumes.

  • En effet, les adolescents dont les parents ont atteint un niveau d’éducation secondaire consomment en moyenne 41 grammes de fruits et légumes de moins que ceux dont les parents ont atteint un niveau supérieur de type long (Haute Ecole, université).
  • Les adolescents ayant une mère ouvrière consomment quotidiennement moins de fruits et légumes que ceux ayant une mère cadre supérieur ou universitaire ;
  • De même, les adolescents résidant en Wallonie en consomment moins que ceux résidant en Flandre.
  • Les garçons en consomment moins que les filles.

A l’opposé, les adolescents nés en dehors de l’Union Européenne consomment de plus grandes quantités de fruits et légumes que ceux nés dans en Belgique.

Dans la perspective d’augmenter la consommation de fruits et légumes des adolescents et plus largement d’améliorer leurs comportements nutritionnels, ces inégalités doivent être prises en compte en promotion de la santé pour ne pas les creuser davantage.

C’est-à-dire, pour que les interventions de santé nutritionnelle ne profitent qu’aux plus favorisés socioéconomiquement sans atteindre suffisamment ceux qui en ont le plus besoin, il est nécessaire d’agir à plusieurs niveaux.
Notamment :

  • en proposant une information nutritionnelle compréhensible et accessible à tous,
  • en ciblant plus particulièrement les groupes les plus vulnérables par des actions locales,
  • en adaptant les messages aux différents contextes et cultures des personnes.

Article rédigé par Lucille Desbouys,
Doctorante
Ecole de Santé Publique SIPES-ULB
Centre de Recherche en Epidémiologie, Biostatistique et Recherche Clinique