Comment empêcher les jeunes de manger des "crasses" à midi ?

Des adolescents mangeant des pizzas dans un parcLes adolescents du cycle supérieur ont, dans la plupart des écoles, l’autorisation de quitter l’école sur le temps de midi. Ce qu’ils font. Ils ne consomment donc pas les plats proposés à la cantine et vont chercher à l’extérieur un repas de midi. Selon leur porte-monnaie et l’offre proposée aux alentours de l’école, pour à peu près 3 euros, il est déjà possible de manger chaud et parfois même à satiété : frites, paninis, hamburgers...

Quelles solutions pour endiguer ce phénomène ?

La question qui a été posée à des parents, des enseignants mais aussi à des professionnels de la santé.

Les réponses ont fusé. Nous nous sommes attachés à les sérier.
Certains "s’ attaquent" à l’environnement des repas, d’autres à l’offre alimentaire. Certaines propositions sont loufoques, d’autres utopistes et aucune n’est réalisable facilement. Mais la somme des idées pourra, qui sait, faire germer un embryon de solution chez l’un ou l’autre lecteur.

L’offre d’alimentation

  • Proposer de la restauration à l’école, pas chère et à emporter !
  • Trouver un aliment "convivial" que l’on puisse distribuer comme les frites...
  • Distribuer des bons pour des soupes.
  • Organiser une action avec les restaurateurs externes à l’école pour qu’ils imaginent une petite bouffe sympa.
  • Développer une offre diversifiée autour de l’école ! Bar à soupe, cornet de pâtes...
  • Créer une chaîne alternative d’aliments "trendy", sain et pas cher ou faire du fast-food sain, comme des plats au wok. Ces alternatives commencent déjà à s’implanter...
  • Proposer des semaines de gastronomie italienne, brésilienne, thaï, etc.

L’environnement

  • Problème de manque de locaux : les adolescents sont dans certaines écoles obligés de quitter l’établissement sur le temps de midi faute de place ! Les parents et directions d’école doivent se mobiliser pour trouver des solutions.
  • Un réfectoire rien que pour eux, interdit aux profs.
  • Que cela fasse moins cantine, mais plus "cafette".
  • Séparer les plus âgés des "petits".
  • Ils aiment discuter entre eux : disposer de petites tables rondes plus "cosy"..
  • Travailler sur l’environnement de la cantine avant de leur faire manger des choses différentes.

L’éducation à l’alimentation saine

  • Apprendre aux jeunes à dire non à la malbouffe ce qu’ils font déjà en grande majorité pour la drogue, le tabac, etc.
  • Organiser un parrainage celui qui s’est "sorti" de la malbouffe aide "un autre" à explorer une autre voie.
  • Organiser sur le temps de midi des activités extrascolaires qui captiveraient assez les jeunes pour les garder à l’école.
  • Si on leur faisait préparer ce qu’ils mangent avec des gens compétents en terme d’animation, on pourrait en convaincre un certain nombre.
  • Renforcer l’éducation nutritionnelle basée sur l’aventure gustative et le plaisir. On pourrait intégrer cette "éducation" dans le cursus académique, mais pas en cours théorique, plutôt en dégustant, en confrontant ses avis, etc.
  • Apprendre à créer un repas original en associant des goûts qui plaisent aux jeunes, plutôt que céder aux offres extérieures "toutes prêtes".
  • Inculquer l’écoute de soi, de son corps, à travers la nourriture.

Les lois économiques

  • Ils bouffent mal parce qu’ ils n’ont pas d’argent.
  • Proposer une sandwicherie moins chère, la moyenne actuelle oscille entre 3 et 4 euros alors que le paquet de frites est à peu près 2 €.
  • Taxer les fast-foods comme les cigarettes.
  • Mettre le paquet de frites à 50 euros.
  • S’il y avait autre chose de moins cher...

À côté de ces grands thèmes, des personnes interviewées ont proposé la suppression des sorties sur le temps de midi ; d’autres encore ne voient pas où est le problème, signalant qu’on arrête à l’âge adulte ces excès que l’on accomplit pendant son adolescence.

Que retenir ?

Trois étudiantes debout dans une caferatia Une piste exploitable dans les écoles est qu’il semble important d’aménager un local dédié aux 15-18 ans. Il pourrait par exemple être peint dans des couleurs gaies et garni de plusieurs tables. Pourquoi ne pas imaginer une grande collecte d’objets décoratifs pour que l’école ne doive pas investir de l’argent et que le lieu ressemble à ce que les adolescents désirent. Pourquoi ne pas imaginer une peinture collective du local le mercredi après-midi ?

En tous cas, pour que des projets durent dans le temps, il semble indispensable d’impliquer dès le départ, les élèves dans le projet !

Pour ce qui est de la diversité de l’offre alimentaire externe : wok, bar à soupe, cornet de pâtes... plus de diversité serait appréciée. Avis aux restaurateurs !

Photos © Syda Productions & © Micromonkey © Fotolia



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"La santé pour mieux vivre : Le poids des jeunes"
Observatoire de la santé du Hainaut


Mis à jour le 26/05/2016