Comportements, bien-être et santé des élèves

Une enquête sur les jeunes de 5e-6e primaire et dans le secondaire en Fédération Wallonie-Bruxelles

Publiée récemment, une brochure regroupe et décrypte les résultats récoltés dans le cadre de l’étude internationale HBSC [1] menée en 2014 auprès d’élèves de la FWB. Derrière tous ces chiffres, voilà des pistes pour guider les stratégies de santé à mener auprès des jeunes...

A la lecture des résultats et de l’analyse de l’enquête sur les comportements, le bien-être et la santé des élèves en FWB, on pourrait peut-être avoir un coup de blues. On aurait tort.

Certes, les chiffres mettent en lumière des résultats contrastés et parfois un brin décevants (voir le texte en couleur ci-dessous). Néanmoins, l’enquête révèle aussi des évolutions favorables, comme par exemple la hausse continue de la consommation de fruits et de légumes (voir plus bas l’encadré « Des résultats en baisse »), ou la diminution de la consommation hebdomadaire d’alcool, quotidienne du tabac (depuis 2010, il est passé de 13,2 % à 8,7 %) ou, encore, du cannabis. Comme le souligne le Pr Katia Castetbon, épidémiologiste à l’Ecole de Santé publique de l’ULB et directrice du SIPES (Service d’Information, Promotion, Education Santé), cette baisse pourrait traduire l’effet d’un ensemble d’actions, pour lesquelles la pression ne peut être relâchée".

En fait, grâce à cette somme de données actualisées, voilà mieux connus l’état de santé physique et psychique ainsi qu’une série de comportements des jeunes. L’évolution dans la durée de différents indicateurs est aussi présentée. Les disparités qui émergent en fonction des caractéristiques individuelles liées au genre, au groupe d’âge, à la structure familiale, au niveau socioéconomique et à l’orientation scolaire sont également soulignées, fournissant des pistes pour d’éventuelles interventions ciblées.

Au final, plusieurs points interpellent, plusieurs tendances incitent à reconsidérer certaines stratégies, à élaborer des politiques d’intervention susceptibles de promouvoir des comportements et un environnement favorables à la santé et au bien-être des jeunes, à adapter les projets, à imaginer les actions à venir en collant au plus près aux réalités de terrain et aux enjeux soulevés. En toute connaissance de cause.

Evidemment, il ne s’agit pas de réinventer la roue ou de dénigrer inutilement ce qui aurait été fait auparavant. Bien entendu, ce serait une erreur d’oublier que, parmi les 14 180 élèves interrogés, 85 % se déclarent satisfaits de leur vie. Mais il n’empêche : une série de (nouveaux) défis se dessinent à travers cette enquête.

Cette photographie d’une population de jeunes, saisie en 2014, permet donc, en toute lucidité, de mesurer les enjeux, d’appréhender ce qu’il reste à accomplir, et d’orienter les choix en matière d’éducation et de promotion à la santé. Un grand pas en théorie, plein de petits pas efficaces sur le terrain ?

Le verre à moitié plein, le verre à moitié...

La consommation des fruits et des légumes place les jeunes belges francophones parmi les "bons" élèves de l’enquête internationale HBSC. Néanmoins, malgré les efforts entrepris, près de 45 % de jeunes n’ont toujours pas adopté ces aliments au quotidien. De quoi baisser les bras ?

"Un des messages clés de l’enquête consiste à ne pas se focaliser uniquement sur les différents points négatifs qui en ressortent, rappelle le Pr Katia Castetbon. On le sait, les comportements et les habitudes alimentaires adoptés pendant l’enfance et l’adolescence ont tendance à perdurer à l’âge adulte. Sur ce plan, l’intervention auprès des jeunes reste donc fondamentale en termes de santé publique. Cependant, changer les comportements est un phénomène très long. Entre ce que l’on sait et ce que l’on fait, le temps de latence peut être important. Il explique les inerties observées.

L’épidémiologiste l’assure : les campagnes qui ont été menées ont vraisemblablement eu un effet. Néanmoins, d’autres facteurs, comme la question du coût des fruits et légumes, ou bien celle du goût et des préférences alimentaires des adolescents, interviennent également. "Multifactoriel, le problème exige de réfléchir encore aux moyens de lever les différents obstacles identifiés", admet-elle.

En pratique, actuellement, la cantine - lorsqu’elle existe- peut être un levier au niveau de cette consommation (et de celle des produits laitiers, insuffisante chez les adolescents belges francophones), en proposant des aliments favorables à la santé. Lorsqu’il n’y a pas de cantine, on peut aussi réfléchir à une sensibilisation et à une information concernant le contenu des paniers repas. Autre point à ne pas négliger, la disponibilité des points d’eau dans les écoles : dans un certain nombre d’entre elles, il existe probablement une marge d’amélioration pour éviter que les sodas soient le premier réflexe.

Extrait de l’e-Journal PSE de juin 2017, Question Santé asbl, à consulter ici.
Mots-clés: Alimentation
Mis à jour le 22/06/2017