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Les sites "Pro ana" Commenter

Salut, c’est Sophie !

Le dernier post d’Eva m’a vraiment impressionnée et je suis allée voir ces blogs proana.

Alors, je vais vous dire, à moi aussi, ça m’a fait un choc. Tout de suite, j’ai pensé à ma fille de 9 ans qui se tartine les cuisses avec ma crème amincissante « pour ne pas devenir une baleine »... Pourvu qu’elle ne tombe pas là-dessus, pourvu qu’il ne lui prenne pas l’envie de se transformer en une feuille A4, pourvu qu’elle ne veuille pas devenir une plume, pourvu…

Je me demande quand même, comment ces sites peuvent-ils exister ? Pourquoi n’interdit-on pas des sites comme ceux-là ? C’est du poison, c’est criminel...

crédit@ dumbbellhousewife.comEt puis, j’ai réfléchi et je me suis dit, Sophie attends un peu : en fait, ces filles sont malades, ça ne se voit peut-être pas comme ça, mais ça se sent et nos ados ne sont pas stupides, elles comprennent bien que ça ne tourne pas rond. Je pense que ces filles sont en souffrance et il faut les écouter, les soigner, les aider à exprimer ce qu’elles ressentent, leur insuffler de l’envie de vivre. Et qu’au fond peut-être que c’est important qu’elles puissent exprimer ce qu’elles pensent, ce qu’elles vivent. Après tout, moi, ça me fait du bien de vous raconter mes états d’âme, mes efforts et mes échecs, mes doutes et mes colères.

Je me suis aussi dit que la presse féminine gagne tout de même beaucoup d’argent grâce aux numéros « spécial régime », aux publicités « toujours plus jeune, toujours plus fine ». Qu’elle ne se prive pas de mettre en scène des adolescentes déguisées en femmes, de nous donner à voir des clichés de défilés de mode où de jeunes affamées vacillent sur les podiums.
Que je sache, on ne leur interdit pas cela ? On ne rend pas obligatoire la mention « photo retouchée ». Même moi, qui geins sur mes kilos en trop, je participe à cette philosophie du moindre poids.
Mais qu’est-ce qui se passe avec nous les femmes pour qu’on nous enferme dans cette menace permanente d’être un boudin ? Nom d’une saucisse, on se libère quand ? Allons-nous payer toute notre existence et celle de nos filles le fait d’être des femmes ? Resterons-nous toujours la proie consentante de l’industrie des régimes ?

Renoncer à être une côte

Moi je pense qu’il faut faire tout ce qu’on peut pour sortir les filles de la honte et du dégoût d’elles-mêmes. Il faut parler et parler encore. Sans juger, en refoulant notre peur. Réagir quand on peut. Nous réconcilier avec notre corps à nous. Aller dans les écoles, parler dans les classes pour expliquer les différences des corps, la douceur du rond, la manière d’accepter ce qu’on sent : la peur, la colère, la faim.
Si Eve est née d’une côte d’Adam, rien ne dit qu’elle doit le rester !

Sophie L. pour le site Manger Bouger

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Publié le 17 février 2017 | par Manger Bouger |
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